Voyager avec son nez… #ValvertOnTheRoad

Je range et je trie. Ca fait un moment maintenant que je suis rentré mais une madeleine de Proust vient de me sauter au nez, alors je raconte en nasal (voix de DaffyDuck) mes petites madeleines de voyageur cycliste et olfactif. Viteuf.

Le tapis de bivouac

big_859899b556454d2ea4be15e33da70608Cette réminiscence fulgurante venue de mon tas de matos de rando émane en différé du sol. Du tapis sur lequel j’ai mangé, dormi. C’est une odeur puissante de terre, de feuilles mortes. Flash back intense vers mes années scoutes. Ce type de parfum forestier offre une palette très large, du fumet de mousse/lichen le plus subtil à l’écoeurante émanation d’humus gras de la forêt du bassin parisien.

Aujourd’hui je tiens quelque chose de plus fin comme enregistrement olfactif : en tête un bord de rivière/canal plutôt herbacé, une base de feuille/écorce de chêne, une trace synthétique de sacoche étanche :), de miettes à l’odeur acide avec une longueeeee finale… celle de mon odeur favorite entre des milliards.

J’ai nommé :

L’immortelle

3253581303849Existe-t-il (à mon sens) plus rassérénant, enveloppant, apaisant, que l’émanation des immortelles, foulées le soir sur la dune, en allant voir le coucher de soleil ? Ca marche aussi tôt le matin, bien moins en milieu de journée, la chaleur ayant tendance à écraser la subtilité des effluves de notre amie duveteuse, jaune et grise.

Son humilité et sa discrétion lui permettent de vivre à l’abri de la cueillette massive, elle ne craint pas d’être foulée.

Elle présente aussi des propriétés médicinales. Mais c’est surtout à mon nez qu’elle est chère, depuis les années de camping à Hoedic d’où nous rapportions les affaires littéralement imprégnées.

Sans transition aucune…

La friterie

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devant les remparts d’Aigues-Mortes. C’est pas un boui-boui, c’est pas un gastro.

« Ca pue la frite ! » La station balnéaire. La foule. La crème solaire. Les beignets et le nougat. Jusqu’à la nausée. Ou pas.

Quand tu viens de te taper 10 heures de spad sous le cagnard, à plusieurs milliers de kcal, au régime eau claire et fruits secs, hé bien une montagne de frite avec un demi poulet, c’est le pied. Essaye pour voir, ajoute une mousse. Ca ne t’empêche même pas de repartir (c’est une diète que je viens d’inventer). Et ça ne pue pas tellement tu es affamé.

La forêt de pins des Landes

Rien à dire. Sublime. Banal. Dopant. Erotique. Dynamisant. Encore plus à la fraîche en vélo, la truffe écarquillée.

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« Le truc Vert« , lieu-dit de la presqu’île du Cap Ferret. La photo souvenir floue, c’est mon hobby.

 

La Guerlinade

 

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Jardin de Bagatelle. Le truc qui te dégoûte (de la bagatelle. Je peux pas j’ai migraine)

Chère Madame,

 

votre accoutrement de chouquette géante a failli me faire pleurer des larmes de sang. J’ai compris : c’est votre sortie annuelle, en train ou pour déguster des huîtres au bord de l’eau. Heureusement, je détourne les yeux.

Mais votre impact olfactif est incontournable, comme extrêmement impoli. Que voulez-vous masquer ? Comprenez qu’avec des boulettes de mie de pain dans le tarin je profite moins du menu. Alors cessez l’aspersion.

Nous vous emmerdons cordialement, ma migraine oculaire instantanée et moi-même.
Bisous.

H.

Le figuier

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Magnifique figuier. On sent rien sur internet, dommage.

Ce bougre d’arbre aime quand ça cogne. La bastonnade solaire. Pas un pet d’air. Juste un cycliste qui passe et le sens de loin. Le cagnard, le figuier, le lit de verdure pour la sieste si il n’y a pas trop de figues écrasées sous les frondaisons. En prime des fruits délicieux (pas cette année, aucune trouvaille, nada, zébi, que dalle), une ombre impeccable.

 

NB : lisez ceci pour comprendre pourquoi (comme moi peut-être)  vous ne savez jamais quand un figuier inconnu donne des figues.

Et vous, c’est quoi votre odeur souvenir de vacances ?

PS : c’est étonnant comme le nez est associé au souvenir, au passé, à la mémoire. Vous rêvez par avance d’une odeur ? En tous cas la fosse nasale n’est pas le tombeau de la mémoire. Plutôt son magnétophone. Please rewind.

Crédit Photo/Header

 

 

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As a roscovit Onion Johnny…

Savez-vous ce qu’est un Onion Johnny ? Un roscovite ?

Le fier pays du Léon, au nord de la Bretagne, autour de Roscoff est le berceau d’une tradition maintenant éteinte : celle d’envoyer l’été les jeunes autochtones vendre des cargaisons impressionnantes d’oignons du même terroir, à vélo, de l’autre côté du channel.

Quel est le rapport avec cette randonnée estivale ?

Un rapport très personnel en fait…

  • Un long séjour de rééducation en 88 sur la presqu’île de Perharidy. C’était magnifique, pluvieux. J’y ai fait des km en fauteil roulant pour m’enfuir boire une bière loin du centre hélio-marin, joué des tournois de pétanque, fumé avec les mucos… (crédit photo)141379structuresphotogeneral3077
  • Un animateur là-bas, me raconte ses souvenirs. Je ne connaissais pas les Onion Johnnies. Ca me fait rêver cette idée de me barrer à vélo, même chargé. J’ai 22 ans et du mal à voir l’avenir avec mon dos cassé. 2 ans avant je passais avec la troupe scoute de Châtenay, non loin de là, entier.2_vc_los_dans_la_rue
  • Je fais le lien avec quelque ancêtre de la Bretagne voisine. Eux partaient à la morue vers Terre-Neuve, de Paimpol, de Larmor-Pleubian ou Lézardrieux.
  • Presque 30 ans plus tard je repense à cette époque, à ces récits de bretons à la gueule burinée et aux yeux perdus dans les lointains. Une réminiscence ironique, vue « d’après », de rêves qu’on s’autorise à peine à faire, encore moins à dire. Pays de taiseux, sang de saumure.
  • Partir, tracer la route, larguer les amarres. Un baluchon, un tas d’oignons, des grosses sacoches, qu’importe !

J’avais juste envie de vous en parler.

https://fresques.ina.fr/ouest-en-memoire/export/player/Region00264/wide

Image à la une, source

On fait le chemin en marchant/pédalant

Todo pasa y todo queda,
Pero lo nuestro es pasar,
Pasar haciendo caminos,
Caminos sobre el mar. livre Antonio_machado Temps d'exil

Caminante, son tus huellas
El camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
Se hace camino al andar.
Al andar se hace camino

Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
Sino estelas en la mar…

Traduction :

Tout passe et tout reste
Mais notre destin est de passer
Passer en faisant des chemins
Des chemins sur la mer

Voyageur, ce sont tes empreintes
Le chemin, et rien de plus
Voyageur, il n’y a pas de chemin,
On fait le chemin en marchant

Et lorsque l’on regarde derrière
On voit le sentier que plus jamais
On ne foulera de nouveau
Voyageur, il n’y a pas de chemin,
Seulement, un sillage dans la mer…

Via